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ENTRETIEN AVEC STEPHANE MARSAN (janvier 2001)

En quelques mots, pouvez-vous nous indiquer votre parcours : vos études, votre itinéraire professionnel ?
C'est un peu chaotique… J'ai découvert en seconde que je voulais faire des études littéraires grâce à un professeur de français qui a changé ma vie et m'a donné le goût des belles phrases et des belles histoires. C'était Jacques Guérif, qui est d'ailleurs le frère de François Guérif, des éditions Rivage. Ce professeur m'a non seulement donné le goût des lettres mais il a aussi été le premier adulte à me faire confiance. Pour moi, à l'époque, c'était extraordinaire. J'ai donc fait des études littéraires, Hypokhâgne et Khâgne, puis ayant raté le concours de Normal Sup pour cause de flemmardise aiguë et d'insouciance chronique, je me suis tourné vers une licence d'anglais. Puis j'ai rencontré ma femme qui, étant anglaise d'origine, faisait ses études dans le Kent. Je suis donc allé enseigner le Français pendant un an en Angleterre avant que nous revenions vivre ensemble à Paris. Depuis, j'ai exercé plusieurs métiers, comme prof d'anglais, prof de réalisation dans un atelier vidéo, journaliste, rédacteur en chef, directeur éditorial… Mais je n'ai jamais cessé d'écrire.

Comment et pourquoi vous êtes-vous mis à écrire ? Qu'est-ce que ça veut dire, être romancier, pour vous ?
J'ai écrit mon premier roman (si on peut appeler ça un roman…) vers 10 ans, et à quatorze ans je me servais de mon Atari ST pour taper mes bouquins. A l'époque, j'écrivais des romans de guerre (quand j'y repense, cela ne me viendrait plus à l'idée aujourd'hui !) très violents, ou bien je racontais ma vie, mes histoires d'amitié… Mais je ne parvenais pas à finir ce que je commençais et j'ai compris aujourd'hui qu'on ne peut pas être satisfait d'un roman avant d'avoir un certain âge. Le problème, quand on est jeune, c'est qu'on évolue très vite, on change de personnalité ; en à peine un an, on n'a déjà plus du tout les mêmes idées. Résultat, pendant très longtemps, quand j'arrivais au deuxième ou troisième chapitre d'un roman, je ne pouvais déjà plus supporter le premier. En bref, je n'étais qu'un apprenti écrivain. Je ne me suis vraiment senti écrivain que le jour où mon premier roman a été publié. Cela m'a aidé à franchir un cap, une barrière psychologique. Aujourd'hui, face à mon ordinateur, je n'ai plus la même inconstance. Je considère mes romans comme une architecture globale, que je prévois longtemps à l'avance, à laquelle je donne une base suffisamment solide pour ne pas la voir s'écrouler une fois arrivé au bout. Ecrire est un procédé extrêmement mégalomaniaque, finalement : cela consiste à être content de soi !
Quant à savoir ce que cela signifie d'être romancier, voilà une question à laquelle on ne répondra jamais complètement. Dans mon cas, je crois qu'il y a une part d'idéalisation. J'ai toujours idéalisé le métier d'écrivain, plus que tout autre. Pourquoi ? Peut-être parce que de manière plus ou moins consciente, j'ai cette perpétuelle envie de refaire le monde et de donner la vie…

Comment est né le projet de La Moïra, qui est votre premier cycle de Fantasy ?
Il a plusieurs origines. J'ai toujours eu envie d'écrire au moins un roman de Fantasy, et j'avais depuis longtemps un projet de roman sur les loups… Mais le stimuli-déclencheur principal, c'est Stéphane Marsan, le directeur des éditions Bragelonne, qui ma proposé d'écrire un roman de Fantasy et qui m'a aidé à chaque étape du processus. La Fantasy, à mon avis, est la forme la plus moderne du roman d'aventure. Etant très marqué par des auteurs comme Dumas, Verne, London, Doyle ou Tolkien, j'ai tout de suite voulu faire une fresque assez large, et non pas une petite aventure, un seul roman de 300 pages. J'ai donc vite compris qu'il s'agirait au moins d'une trilogie ! Il y a ensuite eu plusieurs versions. Dans la première, le monde de La Moïra était un arbre gigantesque, les gens vivaient sur d'immenses branches, se déplaçant dans le tronc pour passer d'un niveau à l'autre. C'était intéressant, mais l'univers était si imposant qu'il finissait par passer devant les personnages, devant l'intrigue. Et ça, pour moi, c'était hors de question. J'ai donc voulu redescendre sur Terre, resituer mon histoire dans un cadre qui ne surprendrait pas trop le lecteur, n'étoufferait pas les personnages, et je me suis tourné vers une Irlande imaginaire, Gaelia… J'ai ensuite travaillé sur cet univers et sur le premier livre pendant deux ans, le manuscrit ayant fait plusieurs aller-retour entre mon ordinateur et celui de l'éditeur.

Si vous deviez résumer La louve et l'enfant en quelques mots…
Je dirais que c'est l'histoire d'une amitié entre deux âmes solitaires : une louve et une jeune orpheline.

Comment avez-vous bâti l'univers de La Moïra ? Vous avez utilisé des références historiques pour construire ce monde de fiction, n'est-ce pas ?
Je ne suis pas historien, et même si je me suis servi, entre autre, de la culture celtique pour enrichir l'univers de La Moïra, je n'ai pas fait un travail de recherche historique et ne me suis pas du tout soucié de quelque exactitude culturelle que ce soit. La Moïra est un monde imaginaire, ce n'est pas un roman historique. Toutefois, on y trouve en effet quelques références à plusieurs cultures, essentiellement celtiques, mais aussi nordiques, et parfois même grecque et latine… Ce qui m'intéressait, c'était de mélanger tout cela, de le travestir, et de n'utiliser que la forme de ces cultures pour leur donner mon propre fond, de n'utiliser que leur force évocatrice, pas leur sens original.
En revanche, j'ai eu davantage un soucis d'exactitude sur la vie des loups, et même si je me suis permis quelques petits écarts pour servir l'intrigue, je pense avoir donné une image assez fidèle du comportement de ce cher Canis lupus.

D'où vient cette passion pour les loups ? Qu'est-ce qu'ils représentent pour vous ?
Je ne saurais vraiment vous dire d'où elle vient, il y a tout d'abord une fascination pure pour cet animal magnifique, libre, et intelligent. Mais je porte en moi un profond sentiment de culpabilité parce que j'appartiens à une nation qui a été terriblement cruelle avec cet animal, et qui continue parfois de l'être… Il y a eu en France une élimination pure et simple, diablement organisée, de cette espèce merveilleuse qui pourtant a subsisté en Italie et en Espagne sans poser de problème à quiconque. La haine et la peur du loup sont solidement ancrées dans notre culture, et alors qu'aujourd'hui on retrouve l'espoir de voir cet animal revenir sur notre territoire, ses chances de survie sont faibles parce que certains bergers refusent d'apprendre à cohabiter (comme le font parfaitement les bergers italiens et espagnols) et l'état préfère étouffer l'affaire plutôt que de donner des solutions réelles.
Il y a là un vrai débat, les bergers d'un côté qui prennent les défenseurs du loup pour des parisianistes snobs incapables de comprendre les problèmes causés par le retour de cet animal, et de l'autre les défenseurs du loup qui prennent les bergers pour des bourreaux incultes et sans cœur… Le problème n'est pas là. La vérité, c'est que le loup, comme le berger, a le droit de jouir de cette Terre qui n'appartient ni à l'un ni à l'autre. Finalement, c'est un peu le sujet de La Moïra : la solution, c'est apprendre à vivre ensemble ! Qu'il s'agisse des animaux entre eux, des hommes entre eux, ou des animaux avec les hommes, il n'y a d'autre solution intelligente que d'apprendre à vivre ensemble. Sans faire de psychologie de comptoir, je pense qu'on pourra sans peine élargir le sens de cet idée à bien d'autres circonstances. La Moïra n'invente rien, elle parle de tolérance, mais il y a des concepts comme celui-ci qui méritent d'être rappelés très souvent…
Mais revenons à nos… loups. Je me suis toujours intéressé aux loups, et pour écrire ce roman, je m'y suis intéressé d'encore plus près. J'ai passé une année à me documenter, je suis allé voir des loups et j'ai rencontré Anne Ménatory, qui dirige le Parc des loups du Gévaudan. Avec son équipe, elle s'occupe de plus de cent loups de différentes espèces, qui sont installés dans un immense parc et non pas dans la cage horrible d'un petit zoo… Ses loups sont superbes, et elle les connaît mieux que quiconque puisque - son père (à qui l'on doit le remarquable ouvrage La Vie des loups) s'occupant déjà du parc quand elle était petite - elle a toujours vécu parmi les loups. C'est une femme extraordinaire, avec une capacité d'écoute et une générosité vraiment exceptionnelles. Peut-être a-t-elle forgé ces qualités en observant le loup… Elle a bien voulu lire La Moïra avant que je ne le livre à mon éditeur, et m'a donné de nombreux conseils très utiles, dans un souci d'exactitude. Je lui dois beaucoup.

Le choix d'une jeune héroïne pour La Louve et l'enfant est peu commun. Pourquoi une jeune fille ?
Parce que - comme pour la louve qui quitte sa meute au début du roman - je voulais un personnage qui soit prêt à tout quitter, à tout abandonner pour découvrir le monde, lui donner un sens, et peut-être même essayer de le changer. Il me fallait donc quelqu'un d'assez jeune, mais aussi de responsable. Il s'agit entre autres d'un roman initiatique… Ceci dit, je me demande si tous les romans ne le sont pas !

Et Pourquoi une fille plutôt qu'un garçon ?
D'abord parce que tous les romans de Fantasy initiatiques racontent l'histoire d'un jeune garçon qui va devenir le sauveur du monde, que ce soit Arthur, Luke Skywalker, Rand Al'Thor, Bilbo… oserais-je inclure Jésus ? En tout cas je me suis dit que cela ferait du bien que pour une fois, cela soit une fille ! D'autant plus que, le plus souvent, les filles deviennent mûres beaucoup plus vite que les garçons, ce qui dans le cas d'un sauveur de l'humanité, est assez pratique. Enfin, le fait que cette petite fille puisse un jour être mère est un élément clef dans l'univers de La Moïra, mais je vous en dis trop !
Aléa, puisque c'est son nom, rencontre d'ailleurs assez souvent des problèmes dans l'univers de La Moïra du fait qu'elle est une fille. Les filles n'ont pas le droit d'aller à l'université, dans ce monde là, et encore moins celui de devenir druide. Quant à la légende, elle prédisait que le Samildanach, le sauveur, serait un garçon… J'ai donc voulu un personnage qui vienne bouleverser les vieilles habitudes.

En quoi l'enfance et l'adolescence vous intéressent-elles ? Seriez-vous d'accord pour dire que le passage à l'âge adulte est le thème central de La Louve et l'enfant ?
Au sens figuré, oui. Car l'enjeu réel de La Moïra n'est pas le passage à l'âge adulte de mon héroïne, mais celui de toute sa civilisation, celui d'une nation tout entière. Le monde dans lequel vit Aléa est un monde encore irresponsable et égocentrique, bref, immature. Pour devenir adulte, il va falloir qu'il se débarrasse du père, pour ainsi dire. Le père étant à prendre au sens large, évidemment, et englobant des concepts religieux et culturels… Sans parler de croyance, je ne pense pas que l'homme puisse passer à l'âge adulte sans se débarrasser - en tout cas moralement - de ses dieux. De tous ses dieux.
L'enfance et l'adolescence me fascinent parce que ce furent les plus belles et les pires années de ma vie à la fois, et je crois bien que c'est vrai pour beaucoup de gens. J'y ai vécu les plus belles amitiés et les pires déchirures. Il y a tellement de changements, tellement de surprises, tellement de découvertes, d'émotions. C'est un âge où tout est important mais rien n'est grave. C'est le seul âge où l'égoïsme n'est pas criminel, parce qu'on n'est responsable de personne, à peine de soi. Pour moi, ce fut intense. De toutes les phrases clés de Stephen King, celle qui m'a toujours le plus marqué et dans laquelle je me suis le plus reconnu, c'est celle qui clôt la novella The Body - qui a été merveilleusement adaptée au cinéma par Rob Reiner sous le titre Stand by me : "Je n'ai jamais eu d'amis aussi proches que les amis que j'avais pendant mon adolescence. N'est-ce pas le cas de tout le monde ?", ou quelque chose comme ça.

Qu'est-ce qui vous plaît dans la Fantasy ? Pensez-vous que l'imaginaire soit votre domaine de prédilection ?
Mon domaine de prédilection, c'est l'intrigue et les personnages. Un roman sans intrigue et sans personnages (oui, ça existe !), pour moi, c'est l'horreur absolue. En tant que lecteur, j'aime être surpris par l'histoire, j'aime être touché par les personnages. En tant qu'écrivain, je ne veux rien d'autre que donner aux lecteurs ce plaisir que moi je trouve en lisant Alexandre Dumas ou Stephen King. La Fantasy est l'un des modes d'expression où il est agréable de chercher ces émotions là, ce n'est pas le seul, mais c'est sans doute l'un des plus directs.

La Fantasy est avant tout une littérature de divertissement. Pourtant, on sent que vous avez à cœur de développer des idées et des réflexions dans La Moïra. Y a-t-il un " message " ?
Sujet délicat. L'auteur doit-il se croire si important qu'il est là pour donner un message ? Un roman peut-il n'avoir absolument aucun message ? Mon intention première quand j'écris un livre n'est certainement pas de faire la morale aux gens ni de leur faire des leçons de philosophie, après tout, je n'ai que 28 ans. Mon intention première, c'est d'émouvoir. Mais quand je dis émouvoir, je ne pense pas qu'aux émotions tristes, je pense au vaste champ des émotions, de la joie à la tristesse en passant par la peur, le soulagement, le remords… Il se trouve que je ne me sens pas capable d'émouvoir les gens sans parler des choses qui moi me touchent, et donc, je parle de mes idées, des idées qui me font réfléchir, qui me font sentir que je suis un être humain… Alors oui, c'est peut-être un peu plus que du divertissement, et encore, tout dépend de ce que l'on entend par divertir. Pour moi, divertir est la chose la plus noble qu'un artiste puisse faire. Divertir, dire au lecteur que oui, il est humain, et que comme tous les autres humains, il souffre, il jouit, il pleure, il espère, il pense, il attend…

Vous faites intervenir le Christianisme dans La Moïra, ce qui n'est pas courant en Fantasy. N'est-ce pas un peu risqué par rapport aux convictions religieuses de certains lecteurs ?
Il est vrai que les chrétiens dans La Moïra n'ont pas le plus beau rôle… Mais en réalité, au fur et à mesure du roman, on découvre finalement que personne n'a le beau rôle, même pas ceux que l'on croyait être les "gentils". Et ceux que l'on croyait être les "méchants", on découvre soudain qu'ils ont peut-être leurs raisons… La vie quoi !
Je fais intervenir un clone du christianisme dans La Moïra comme je fais intervenir un clone du druidisme. Encore une fois, l'enjeu, c'est la cohabitation. Je ne m'attaque pas vraiment aux convictions des uns et des autres. Je m'attaque plutôt à ceux qui font des religions l'excuse de leur esprit belliqueux.

D'une façon générale, est-ce que vous avez le sentiment ou la volonté de parler de la réalité quand vous racontez un récit imaginaire ?
Bien sûr. Je ne vois pas d'autre alternative. Ceux qui ne comprennent pas ça (je pense notamment à Chris Donner dont l'essai Contre l'imagination est un tel tissu d'âneries que je me demande s'il croit vraiment à ce qu'il écrit) n'ont jamais lu Verne, Dickens, Tolkien, n'ont jamais compris Dumas, n'ont jamais écrit quoi que ce soit. Je ne connais pas de roman qui ne parle de la réalité, même un roman déjanté comme Le Fils de l'Homme, de Robert Silverberg, parle de la réalité. Les surréalistes parlaient de la réalité. Sans aller jusqu'à dire que c'est dans les mots que nous pensons, ce serait reconnaître un pouvoir bien surnaturel à l'auteur que de prétendre qu'il ne parle pas de la réalité…

On a l'impression que vous avez mis beaucoup de vous-même dans La Louve et l'enfant. Est-ce que cette histoire contient des références à votre propre vie, vos souvenirs, des gens que vous avez connus ?
Sûrement. Cela me fait penser à ce film, Mes meilleurs copains, où Christian Clavier joue le rôle d'un écrivain qui refuse d'avouer qu'il s'est inspiré de ses amis pour écrire son dernier roman… Il y a sûrement un peu de mes amis et de mes ennemis dans les personnages de La Moïra, il y a sûrement un peu de moi dans cette jeune héroïne, un peu de ma vie dans sa vie. Le personnage, cependant, dont je me sens le plus proche est Finghin, le jeune druide qui n'est encore qu'un apprenti au début du roman. J'ai vécu quelques unes des choses qu'il a vécues. La timidité quand j'étais enfant, timidité qui a complètement disparu à l'adolescence, la soif du savoir, une sorte de paradoxe entre l'ambition et l'épicurisme, l'amitié… Et puis bien sûr, je me suis amusé avec certains noms. Les noms de ville, notamment, sont parfois des tranches de vie personnelle… Mais cela n'amuse que moi !
Il y a quelques jours, je me suis toutefois rendu compte d'un élément étonnant : mon premier roman, Les Post-humains - un polar futuriste que j'avais écrit sous le nom de Philippe Machine - racontait lui aussi l'histoire d'une petite fille, et sa relation avec un homme plus âgé. La coïncidence était trop grande pour n'en être qu'une, et je me suis demandé ce que cela pouvait bien dire. En réalité, je pense que ces deux personnages sont deux réflexions de moi-même, et que quand ils parlent ensemble, c'est moi, adulte, qui parle avec l'enfant que j'étais. Cela exprime tous mes regrets, tous mes souvenirs, comme si je voulais adresser - mais trop tard - un message à cet enfant, pour lui dire d'en profiter, de ne rien gâcher, de ne pas faire les erreurs que j'ai faites… Je crois bien que c'est cela. Et au fond de moi, les deux personnages continuent de cohabiter. Je n'ai jamais perdu le gamin qui est en moi. Je suis toujours très joueur, j'ai des crises d'insouciance, un grand besoin de reconnaissance, un esprit provocateur… Et pourtant, je suis aussi un adulte, heureux, heureux d'être bientôt papa, heureux de contrôler ma vie, autant qu'une vie peut l'être en tout cas…

Ce qui est frappant dans La Moïra, c'est la diversité des sujets abordés, et donc des intrigues : le destin, la politique, l'amitié, la famille, la religion… Cela vous paraissait nécessaire ou c'est venu comme ça ?
Je pense que la plupart des sagas de Fantasy abordent ces thèmes là. Car elles décrivent un univers tout entier et qu'on ne peut le faire sans parler de tout ça. Mon originalité réside plutôt, je pense, dans le caractère de l'héroïne, dans ses pensées, ses envies, et sa vision du monde, mais surtout dans la présence des loups, l'histoire de la louve solitaire, son destin si particulier.

Quels sont vos auteurs de prédilection ?
Comme ça, sans réfléchir : Alexandre Dumas, Umberto Eco, Victor Hugo, Frank Herbert, Stephen King, Daniel Pennac, MacOrlan, René Fallet, Philip K. Dick, Jonathan Lethem…

Vous parliez de votre roman Les Post-humains. Qu'est-ce qui vous avait donné envie d'écrire dans ce genre-là ?
Le jeu. Le polar futuriste, ou plus précisément le Cyberpunk, est un genre très ludique. Et c'est une prospective à court terme, donc on ne s'engage pas trop… Le futur est pratique, il donne une plus grande licence à l'écrivain, il permet de spéculer… C'est un outil superbe !

Quels acteurs choisiriez-vous pour interpréter les principaux personnages de La louve et l'enfant ?
Si j'avais un budget illimité et une liberté totale ? Sean Connery pour le personnage du druide… non, pas Sean Connery, il est trop charmeur, trop souriant ! Plutôt Ian McKellen. Dans le rôle d'Aléa, il faudrait la petite qui jouait Annie dans sa version filmée, mais en plus âgée. Pour Galiad, il faudrait Michael Madsen. Pour Mjolln, il aurait fallu Dominique Pinon, sans hésiter ! Et enfin, pour Faith… une femme belle, douce, et décidée… je ne sais pas, quelqu'un comme Winona Ryder ! (rires)

Parmi les amis que vous remerciez à la fin de votre livre se trouve Bernard Werber, le célèbre auteur des Fourmis et de L'Empire des Anges. Comment vous êtes-vous rencontrés ? Qu'est-ce qui vous lie ?
Bernard est l'auteur français dont je me sens le plus proche. Même si nous n'avons pas la même façon d'écrire (il est diablement plus productif que moi : à une époque, il écrivait une nouvelle par jour !), nous avons les mêmes idées sur l'écriture, sur le roman en général. Nous avons la même haine de l'intelligentsia littéraire parisienne (bien que nous soyons tous deux parisiens !), le même amour pour le roman d'aventure ou pour Philip K. Dick… C'est un véritable guide pour moi, et je peux passer des heures à écouter ses conseils, en écoutant la musique que nous aimons tous les deux : Marillion, Yes, Genesis…

C'est important pour vous d'avoir des " guides " ou des gens pour vous conseiller, pour partager des idées ?
Essentiel. Cela a commencé avec ce prof de français en seconde… Je pratique l'un des métiers les plus solitaires du monde - après gardien de phare - et pourtant j'ai horreur de la solitude. Entre le moment où je commence un roman et celui où je le finis, j'ai besoin de voir des gens, des amis, de leur parler de mon roman, de le confronter à leur critique, de changer d'air. J'ai toujours été très social, je me suis toujours entouré de beaucoup d'amis et je ne suis pas près d'arrêter !

Quels sont vos projets littéraires à venir ?
En dehors de la suite de La Moïra, j'écris en ce moment un énorme polar historico-ésotérique, qui me demande beaucoup de temps en documentation et que je ne suis donc pas près de finir ! Parallèlement, je travaille sur un scénario de long-métrage et sur un one-man show pour un comédien, mais c'est secret !



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